Posté le 02.07.2008 par yeuxdechat
Beaucoup d’amis n’aiment pas David Lynch et je les comprends ; Lost Highway ou Mulholand Drive finissent par être désespérants à force d’hermétisme. Pourtant ces deux films me semble porteurs de quelque chose comme une trace de génie ou, à tout le moins, porteurs d’une beauté diffuse appelant à un absolu. Et quand bien même n’aurait-il pas réalisé ces deux monstres du cinéma américain, David Lynch serait, à mes yeux, un géant en raison de son sublimissime Elephant Man. Je le confesse, je n’avais jamais vu avant la semaine dernière ce film.
Il est des films qui choquent, qui marquent, qui font réfléchir ; celui-ci traumatise au sens le plus fort du mot. Souvent désigné avec mépris par la critique comme un « film de commande », Elephant man est pourtant une plongée au cœur de l’anthropologie la plus rigoureuse et offre au spectateur une réflexion magnifique sur la définition de l’humain.
L’histoire – vraie –, tout la monde la connaît ; une femme violentée par des éléphants alors qu’elle était enceinte accouche d’un homme difforme et hideux qui est exhibé dans les foires populaires de Londres jusqu’à ce qu’un médecin recueille le pauvre homme afin de l’examiner d’un point de vue médical. Très vite, l’étrange créature s’avèrera intellectuellement puissante et douée d’une sensibilité extrême, autant d’attributs qui feront de lui un humain des plus respectables.
Il m’est au fond très difficile de parler de ce film tant il m’a bouleversé ; je crois que Lynch cherche à montrer une sorte de devenir-humain, au sens où John n’acquiert son humanité que progressivement, à travers une série d’épreuves dont l’acmé sera la possibilité de mourir dans un lit, en position horizontale, comme n’importe quelle personne humaine.
La première condition de son retour à l’humanité sera l’arrachement à la visibilité ; pour devenir humain, John Merrick ne doit plus être ce monstre que l’on exhibe mais ce sujet d’étude que l’on isole. Certes son statut de sujet d’étude pour la science ne signifie pas encore sa pleine humanité mais il n’en demeure pas moins vrai que la principale épreuve que devra surmonter John sera celle de la visibilité, visibilité exacerbée dans la démonstration de foire. Dans ce progrès vers la reconnaissance de sa pleine humanité, tous les obstacles qu’il rencontrera seront d’ordre visuel : la foire évidemment, mais aussi la bourgeoisie londonienne qui jugera bon de venir le visiter pour pouvoir dire à la bonne société « j’ai vu la chose… » ou le garde qui organise des visites officieuses auprès du peuple afin que celui-ci puisse venir lui témoigner son hostilité. Autrement dit, à chaque fois où John est réduit à sa visibilité, son humanité menace de s’estomper.
Ce n’est pas un hasard si le premier témoignage de son intelligence – qui est une intelligence mnésique – se produira alors qu’il est seul, après la visite du médecin, où il se mettra à réciter le Psaume 24. Ce n’est que dans l’isolement, ce n’est qu’au moment où nul ne verra ce corps difforme (ni la foule, ni même le monde médical) que se révèlera toute la puissance de cet esprit enfermé dans cette prison corporelle qui le déshumanise. Quelque chose comme une dignité retrouvée ne sera possible qu’au moment même où l’être ne sera plus perçu dans sa visibilité. Splendeur du retrait, humanité de l’isolement. Il y a ici quelque chose comme une impossibilité de l’humanité dans le social ; « l’homme est un animal social » disait l’auteur de l’Ethique à Nicomaque ; ici, c’est le contraire. Dans le social, John n’est que monstre, à peine animal. Le social, parce qu’il instaure cette sphère du regard, et qu’il réduit l’être à sa visibilité, destitue de leur humanité ceux dont la visibilité effraye. La sphère du visible devient une gigantesque entreprise de déshumanisation, entreprise qui ne prend fin que par le retour en soi, aux antipodes de la visibilité sociale.
Très rapidement l’on s’aperçoit que John est un être intelligent, c’est-à-dire, pour paraphraser Descartes, un être qui pense, qui imagine, qui veut, qui sent. Allons même plus loin, John est très certainement doué d’une intelligence et d’une sensibilité très supérieures à la moyenne. Le clocher qu’il aperçoit au loin, de sa chambre d’hôpital, lui fournit l’occasion d’imaginer le prolongement de la cathédrale, imagination qui s’avère féconde et qui trouve à s’incarner en une remarquable maquette. Lecteur de la Bible, de Shakespeare, il manifeste une intelligence bouleversante des textes, accompagnée d’une sensibilité portée à l’insupportable lorsqu’il se rend au domicile de son médecin, et où il fait la rencontre de son épouse. Ce qui est pur chez John, c’est cette souffrance incommensurable qui, jamais, ne s’est muée en ressentiment. Loin d’en vouloir à la vie, loin de se retourner contre l’insolent bonheur de ses semblables, il se réjouit de leur réussite, de la beauté de leurs enfants, avec une sincérité que la critique a souvent qualifiée – avec condescendance – d’édifiante, alors qu’il n’y a là que la beauté d’une âme juste.
Il est vrai – et c’est peut-être le seul bémol de ce chef-d’œuvre – que certaines situations ou certains états psychologiques sont clairement expliqués alors qu’ils eussent gagné à n’être que suggérés ; de là certainement le reproche d’édification du film. Ainsi lorsqu’on comprend que John n’est pas une créature intellectuellement défaillante, le médecin chef convoque le médecin traitant John afin de lui demander s’il se rend compte à quel point cet homme a pu souffrir ; il s’agit de bien faire comprendre au spectateur que si John est intelligent alors il a conscience à chaque instant de la situation qu’il vit, afin de faire ressortir tout le tragique de la chose. Montré comme objet de foire, battu, méprisé, déshumanisé, John possède ce drame en plus que n’ont pas connu les esclaves ou les malheureux des camps de la mort, à savoir l’unicité ; John est celui qui n’a pas de semblables, John est celui qui ne rencontrera jamais son Même, son « frère humain » comme dirait Albert Cohen. Et, pis que tout, il en a parfaitement conscience.
On ne saurait imaginer ce que put être la vie de cet homme et probablement cela dépasserait-il l’imagination. Que peut se dire un homme, intelligent, exhibé comme un monstre, conscient de cet état ? Le médecin lui-même sera pris de remords après avoir autorisé la bonne société londonienne à venir le visiter, et viendra s’en excuser auprès de John. Au cours d’un entretien insoutenable, celui-ci lui assure que « chaque minute vécue, chaque minute de vie est pour [lui] un grand bonheur. » C’est peut-être cela qui excède définitivement notre pouvoir de compréhension ; cet acquiescement à la vie, ce gigantesque oui à une vie malgré tout vécue comme une grâce. Il est très difficile de commenter cette attitude car elle dépasse l’entendement, à tout le moins le mien. Mais c’est la raison pour laquelle, me semble-t-il, Elephant man est plus qu’un chef-d’œuvre encore ; tout y excède les catégories humaines : ne soyons pas hypocrite, la vue de John excède ce que l’on peut visuellement supporter ; son attitude envers la vie excède notre entendement, son courage excède notre sensibilité. En somme, ce qui est donné à voir dans Elephant man, c’est une part d’absolu, l’absolu étant ici pensé comme l’au-delà des catégories humaines de pensée. Elephant man n’est pas un cas-limite, il est au-delà de la limite, il est dans ce que l’on ne peut pas comprendre, dans ce que l’on ne peut pas ressentir. Il est une expérience inexpérimentable de l’absolu.
Il y aurait, formellement parlant, une multitude de choses à dire mais je n’en ai malheureusement pas les compétences. Ce qui me paraît clair, c’est la méthode parfaitement oxymorique dont Lych a usé, afin de parvenir à ses fins ; d’une part, le film est très classique, classique jusqu’à l’excès ; une histoire très nette centrée autour de deux personnages, tournée en noir et blanc, (Lynch pousse le vice jusqu’à faire sauter la bande lors des coupures pour faire croire à un vieux film…) et c’est dans ce cadre extrêmement classique et maintes fois traité – l’Angleterre victorienne – qu’il introduit ce sujet qui ne l’est pas ; le monstre. Mais la façon de traiter la monstruosité est tout sauf classique ; loin de chercher à effrayer à la manière d’un Jack l’éventreur, tout est fait pour oublier la monstruosité de John. C’est l’exact inverse de la démarche de Cronenberg qui fait systématiquement du monstrueux un gimmick d’épouvante ; ici le monstrueux rejoint progressivement l’humain, voire le rassurant, à travers des jeux d’oxymores surprenants ; lorsque John est revêtu de son smoking, ou lorsqu’il se rend au théâtre dans la très émouvante scène finale, il se joue là quelque chose comme une conciliation violente des contraires, plastiquement et symboliquement parlant, qui achève d’humaniser le visage de John et qui, du même geste, absolutise – involontairement ? – les codes sociaux. Lorsque John se fait applaudir au théâtre, il me semble que c’est possible qu’en raison, malgré tout, de son accoutrement et de son nouveau statut social.
Au fond – j’ignore si cela est voulu par Lynch ou pas – nous sommes bien forcés d’admettre qu’Elephant Man véhicule nombre de non-dits pas forcément dans l’air du temps. A commencer par la progressive découverte de l’humanité de John. Quel est le ressort, si je puis dire, dont use Lynch afin de nous faire sentir la tragédie que vit John ? C’est son intelligence ; il y a tragédie ou plutôt drame parce que John a conscience de ce qu’il vit et que cette magnifique intelligence est à jamais condamnée par cette prison corporelle. Mais aurait-on compati de la même manière si John avait été défaillant intellectuellement ? Si John avait été trisomique ou profondément débile ? J’irais même plus loin : aurait-on pris autant conscience de son humanité ? Tout se passe comme si l’intelligence et la sensibilité étaient l’étalon de l’anthropologie pour David Lynch. Et de fait, lorsque le médecin découvre que le gardien de John propose au « bas-peuple » de venir visiter le pauvre John, il lui dit clairement qu’il est moins humain que ne l’est John. Comme si la bêtise et la cruauté du gardien faisaient de celui-ci un être moins évolué que John, confirmant en creux l’idée qu’il y ait quelque chose comme des degrés d’humanité, hiérarchisés en fonction de critères tels que l’intelligence ou la sensibilité. Soyons beau-joueur, c’est là la définition de l’humanisme pour Pic de la Mirandole… L’humanisme n’est pas nécessairement l’égale dignité de tous les hommes après tout… Une autre interrogation – voire une objection – me vient à l’esprit ; la scène finale du théâtre marque la reconnaissance sociale de John. Mais cela n’invalide-t-il pas ma thèse du début quant au social comme lieu d’impossibilité de la reconnaissance humaine ? Je ne sais pas répondre à cette question car somme toute John est réhabilité par ceux-là mêmes qui le réduisaient à un objet de prestige social (j’ai vu la chose…) au début du film. Que vaut cette réhabilitation par une partie de ses bourreaux ? Je l’ignore. Pourquoi faut-il que John soit vêtu de ce smoking pour atteindre l’acmé de sa dignité ? Je risque une hypothèse : je crois que pour David Lynch l’élégance et la bonne tenue sont constitutives de l’humanité, malgré les dérives de la dictature des apparences et des conventions sociales ; le nécessaire à toilette que reçoit John – et qui l’émeut tant – est une étape de ce processus où il retrouve son humanité, précisément parce que l’apparence physique renvoie non pas à elle-même mais à quelque chose de plus haut, la distinction de l’âme.
Je suppose qu’un très grand nombre d’entre vous a déjà vu ce chef-d’œuvre et ce petit post ne vous apportera donc rien. Je nourris le frêle espoir que ces quelques lignes donneront envie à ceux qui ne l’ont pas vu d’envisager la possibilité de le visionner prochainement.
[b] sauf qu’en verité john merrick n’est pas defiguré a cause d’elephant qui auraient piétinné sa mère ( ou sa mère aurait etait totalement effrayé par un elephant qui s’evade comme on le lit parfois)
Mais cela est dù a une maladie extrêmement rare qu’il à contracté à l’age de 2 ans (sa transformation physique commença par la lèvre)
voila…. [/b]
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Posté le 02.07.2008 par yeuxdechat
Beaucoup d’amis n’aiment pas David Lynch et je les comprends ; Lost Highway ou Mulholand Drive finissent par être désespérants à force d’hermétisme. Pourtant ces deux films me semble porteurs de quelque chose comme une trace de génie ou, à tout le moins, porteurs d’une beauté diffuse appelant à un absolu. Et quand bien même n’aurait-il pas réalisé ces deux monstres du cinéma américain, David Lynch serait, à mes yeux, un géant en raison de son sublimissime Elephant Man. Je le confesse, je n’avais jamais vu avant la semaine dernière ce film.
Il est des films qui choquent, qui marquent, qui font réfléchir ; celui-ci traumatise au sens le plus fort du mot. Souvent désigné avec mépris par la critique comme un « film de commande », Elephant man est pourtant une plongée au cœur de l’anthropologie la plus rigoureuse et offre au spectateur une réflexion magnifique sur la définition de l’humain.
L’histoire – vraie –, tout la monde la connaît ; une femme violentée par des éléphants alors qu’elle était enceinte accouche d’un homme difforme et hideux qui est exhibé dans les foires populaires de Londres jusqu’à ce qu’un médecin recueille le pauvre homme afin de l’examiner d’un point de vue médical. Très vite, l’étrange créature s’avèrera intellectuellement puissante et douée d’une sensibilité extrême, autant d’attributs qui feront de lui un humain des plus respectables.
Il m’est au fond très difficile de parler de ce film tant il m’a bouleversé ; je crois que Lynch cherche à montrer une sorte de devenir-humain, au sens où John n’acquiert son humanité que progressivement, à travers une série d’épreuves dont l’acmé sera la possibilité de mourir dans un lit, en position horizontale, comme n’importe quelle personne humaine.
La première condition de son retour à l’humanité sera l’arrachement à la visibilité ; pour devenir humain, John Merrick ne doit plus être ce monstre que l’on exhibe mais ce sujet d’étude que l’on isole. Certes son statut de sujet d’étude pour la science ne signifie pas encore sa pleine humanité mais il n’en demeure pas moins vrai que la principale épreuve que devra surmonter John sera celle de la visibilité, visibilité exacerbée dans la démonstration de foire. Dans ce progrès vers la reconnaissance de sa pleine humanité, tous les obstacles qu’il rencontrera seront d’ordre visuel : la foire évidemment, mais aussi la bourgeoisie londonienne qui jugera bon de venir le visiter pour pouvoir dire à la bonne société « j’ai vu la chose… » ou le garde qui organise des visites officieuses auprès du peuple afin que celui-ci puisse venir lui témoigner son hostilité. Autrement dit, à chaque fois où John est réduit à sa visibilité, son humanité menace de s’estomper.
Ce n’est pas un hasard si le premier témoignage de son intelligence – qui est une intelligence mnésique – se produira alors qu’il est seul, après la visite du médecin, où il se mettra à réciter le Psaume 24. Ce n’est que dans l’isolement, ce n’est qu’au moment où nul ne verra ce corps difforme (ni la foule, ni même le monde médical) que se révèlera toute la puissance de cet esprit enfermé dans cette prison corporelle qui le déshumanise. Quelque chose comme une dignité retrouvée ne sera possible qu’au moment même où l’être ne sera plus perçu dans sa visibilité. Splendeur du retrait, humanité de l’isolement. Il y a ici quelque chose comme une impossibilité de l’humanité dans le social ; « l’homme est un animal social » disait l’auteur de l’Ethique à Nicomaque ; ici, c’est le contraire. Dans le social, John n’est que monstre, à peine animal. Le social, parce qu’il instaure cette sphère du regard, et qu’il réduit l’être à sa visibilité, destitue de leur humanité ceux dont la visibilité effraye. La sphère du visible devient une gigantesque entreprise de déshumanisation, entreprise qui ne prend fin que par le retour en soi, aux antipodes de la visibilité sociale.
Très rapidement l’on s’aperçoit que John est un être intelligent, c’est-à-dire, pour paraphraser Descartes, un être qui pense, qui imagine, qui veut, qui sent. Allons même plus loin, John est très certainement doué d’une intelligence et d’une sensibilité très supérieures à la moyenne. Le clocher qu’il aperçoit au loin, de sa chambre d’hôpital, lui fournit l’occasion d’imaginer le prolongement de la cathédrale, imagination qui s’avère féconde et qui trouve à s’incarner en une remarquable maquette. Lecteur de la Bible, de Shakespeare, il manifeste une intelligence bouleversante des textes, accompagnée d’une sensibilité portée à l’insupportable lorsqu’il se rend au domicile de son médecin, et où il fait la rencontre de son épouse. Ce qui est pur chez John, c’est cette souffrance incommensurable qui, jamais, ne s’est muée en ressentiment. Loin d’en vouloir à la vie, loin de se retourner contre l’insolent bonheur de ses semblables, il se réjouit de leur réussite, de la beauté de leurs enfants, avec une sincérité que la critique a souvent qualifiée – avec condescendance – d’édifiante, alors qu’il n’y a là que la beauté d’une âme juste.
Il est vrai – et c’est peut-être le seul bémol de ce chef-d’œuvre – que certaines situations ou certains états psychologiques sont clairement expliqués alors qu’ils eussent gagné à n’être que suggérés ; de là certainement le reproche d’édification du film. Ainsi lorsqu’on comprend que John n’est pas une créature intellectuellement défaillante, le médecin chef convoque le médecin traitant John afin de lui demander s’il se rend compte à quel point cet homme a pu souffrir ; il s’agit de bien faire comprendre au spectateur que si John est intelligent alors il a conscience à chaque instant de la situation qu’il vit, afin de faire ressortir tout le tragique de la chose. Montré comme objet de foire, battu, méprisé, déshumanisé, John possède ce drame en plus que n’ont pas connu les esclaves ou les malheureux des camps de la mort, à savoir l’unicité ; John est celui qui n’a pas de semblables, John est celui qui ne rencontrera jamais son Même, son « frère humain » comme dirait Albert Cohen. Et, pis que tout, il en a parfaitement conscience.
On ne saurait imaginer ce que put être la vie de cet homme et probablement cela dépasserait-il l’imagination. Que peut se dire un homme, intelligent, exhibé comme un monstre, conscient de cet état ? Le médecin lui-même sera pris de remords après avoir autorisé la bonne société londonienne à venir le visiter, et viendra s’en excuser auprès de John. Au cours d’un entretien insoutenable, celui-ci lui assure que « chaque minute vécue, chaque minute de vie est pour [lui] un grand bonheur. » C’est peut-être cela qui excède définitivement notre pouvoir de compréhension ; cet acquiescement à la vie, ce gigantesque oui à une vie malgré tout vécue comme une grâce. Il est très difficile de commenter cette attitude car elle dépasse l’entendement, à tout le moins le mien. Mais c’est la raison pour laquelle, me semble-t-il, Elephant man est plus qu’un chef-d’œuvre encore ; tout y excède les catégories humaines : ne soyons pas hypocrite, la vue de John excède ce que l’on peut visuellement supporter ; son attitude envers la vie excède notre entendement, son courage excède notre sensibilité. En somme, ce qui est donné à voir dans Elephant man, c’est une part d’absolu, l’absolu étant ici pensé comme l’au-delà des catégories humaines de pensée. Elephant man n’est pas un cas-limite, il est au-delà de la limite, il est dans ce que l’on ne peut pas comprendre, dans ce que l’on ne peut pas ressentir. Il est une expérience inexpérimentable de l’absolu.
Il y aurait, formellement parlant, une multitude de choses à dire mais je n’en ai malheureusement pas les compétences. Ce qui me paraît clair, c’est la méthode parfaitement oxymorique dont Lych a usé, afin de parvenir à ses fins ; d’une part, le film est très classique, classique jusqu’à l’excès ; une histoire très nette centrée autour de deux personnages, tournée en noir et blanc, (Lynch pousse le vice jusqu’à faire sauter la bande lors des coupures pour faire croire à un vieux film…) et c’est dans ce cadre extrêmement classique et maintes fois traité – l’Angleterre victorienne – qu’il introduit ce sujet qui ne l’est pas ; le monstre. Mais la façon de traiter la monstruosité est tout sauf classique ; loin de chercher à effrayer à la manière d’un Jack l’éventreur, tout est fait pour oublier la monstruosité de John. C’est l’exact inverse de la démarche de Cronenberg qui fait systématiquement du monstrueux un gimmick d’épouvante ; ici le monstrueux rejoint progressivement l’humain, voire le rassurant, à travers des jeux d’oxymores surprenants ; lorsque John est revêtu de son smoking, ou lorsqu’il se rend au théâtre dans la très émouvante scène finale, il se joue là quelque chose comme une conciliation violente des contraires, plastiquement et symboliquement parlant, qui achève d’humaniser le visage de John et qui, du même geste, absolutise – involontairement ? – les codes sociaux. Lorsque John se fait applaudir au théâtre, il me semble que c’est possible qu’en raison, malgré tout, de son accoutrement et de son nouveau statut social.
Au fond – j’ignore si cela est voulu par Lynch ou pas – nous sommes bien forcés d’admettre qu’Elephant Man véhicule nombre de non-dits pas forcément dans l’air du temps. A commencer par la progressive découverte de l’humanité de John. Quel est le ressort, si je puis dire, dont use Lynch afin de nous faire sentir la tragédie que vit John ? C’est son intelligence ; il y a tragédie ou plutôt drame parce que John a conscience de ce qu’il vit et que cette magnifique intelligence est à jamais condamnée par cette prison corporelle. Mais aurait-on compati de la même manière si John avait été défaillant intellectuellement ? Si John avait été trisomique ou profondément débile ? J’irais même plus loin : aurait-on pris autant conscience de son humanité ? Tout se passe comme si l’intelligence et la sensibilité étaient l’étalon de l’anthropologie pour David Lynch. Et de fait, lorsque le médecin découvre que le gardien de John propose au « bas-peuple » de venir visiter le pauvre John, il lui dit clairement qu’il est moins humain que ne l’est John. Comme si la bêtise et la cruauté du gardien faisaient de celui-ci un être moins évolué que John, confirmant en creux l’idée qu’il y ait quelque chose comme des degrés d’humanité, hiérarchisés en fonction de critères tels que l’intelligence ou la sensibilité. Soyons beau-joueur, c’est là la définition de l’humanisme pour Pic de la Mirandole… L’humanisme n’est pas nécessairement l’égale dignité de tous les hommes après tout… Une autre interrogation – voire une objection – me vient à l’esprit ; la scène finale du théâtre marque la reconnaissance sociale de John. Mais cela n’invalide-t-il pas ma thèse du début quant au social comme lieu d’impossibilité de la reconnaissance humaine ? Je ne sais pas répondre à cette question car somme toute John est réhabilité par ceux-là mêmes qui le réduisaient à un objet de prestige social (j’ai vu la chose…) au début du film. Que vaut cette réhabilitation par une partie de ses bourreaux ? Je l’ignore. Pourquoi faut-il que John soit vêtu de ce smoking pour atteindre l’acmé de sa dignité ? Je risque une hypothèse : je crois que pour David Lynch l’élégance et la bonne tenue sont constitutives de l’humanité, malgré les dérives de la dictature des apparences et des conventions sociales ; le nécessaire à toilette que reçoit John – et qui l’émeut tant – est une étape de ce processus où il retrouve son humanité, précisément parce que l’apparence physique renvoie non pas à elle-même mais à quelque chose de plus haut, la distinction de l’âme.
Je suppose qu’un très grand nombre d’entre vous a déjà vu ce chef-d’œuvre et ce petit post ne vous apportera donc rien. Je nourris le frêle espoir que ces quelques lignes donneront envie à ceux qui ne l’ont pas vu d’envisager la possibilité de le visionner prochainement.
[b] sauf qu’en verité john merrick n’est pas defiguré a cause d’elephant qui auraient piétinné sa mère ( ou sa mère aurait etait totalement effrayé par un elephant qui s’evade comme on le lit parfois)
Mais cela est dù a une maladie extrêmement rare qu’il à contracté à l’age de 2 ans (sa transformation physique commença par la lèvre)
voila…. [/b]
Posté le 02.07.2008 par yeuxdechat
Beaucoup d’amis n’aiment pas David Lynch et je les comprends ; Lost Highway ou Mulholand Drive finissent par être désespérants à force d’hermétisme. Pourtant ces deux films me semble porteurs de quelque chose comme une trace de génie ou, à tout le moins, porteurs d’une beauté diffuse appelant à un absolu. Et quand bien même n’aurait-il pas réalisé ces deux monstres du cinéma américain, David Lynch serait, à mes yeux, un géant en raison de son sublimissime Elephant Man. Je le confesse, je n’avais jamais vu avant la semaine dernière ce film.
Il est des films qui choquent, qui marquent, qui font réfléchir ; celui-ci traumatise au sens le plus fort du mot. Souvent désigné avec mépris par la critique comme un « film de commande », Elephant man est pourtant une plongée au cœur de l’anthropologie la plus rigoureuse et offre au spectateur une réflexion magnifique sur la définition de l’humain.
L’histoire – vraie –, tout la monde la connaît ; une femme violentée par des éléphants alors qu’elle était enceinte accouche d’un homme difforme et hideux qui est exhibé dans les foires populaires de Londres jusqu’à ce qu’un médecin recueille le pauvre homme afin de l’examiner d’un point de vue médical. Très vite, l’étrange créature s’avèrera intellectuellement puissante et douée d’une sensibilité extrême, autant d’attributs qui feront de lui un humain des plus respectables.
Il m’est au fond très difficile de parler de ce film tant il m’a bouleversé ; je crois que Lynch cherche à montrer une sorte de devenir-humain, au sens où John n’acquiert son humanité que progressivement, à travers une série d’épreuves dont l’acmé sera la possibilité de mourir dans un lit, en position horizontale, comme n’importe quelle personne humaine.
La première condition de son retour à l’humanité sera l’arrachement à la visibilité ; pour devenir humain, John Merrick ne doit plus être ce monstre que l’on exhibe mais ce sujet d’étude que l’on isole. Certes son statut de sujet d’étude pour la science ne signifie pas encore sa pleine humanité mais il n’en demeure pas moins vrai que la principale épreuve que devra surmonter John sera celle de la visibilité, visibilité exacerbée dans la démonstration de foire. Dans ce progrès vers la reconnaissance de sa pleine humanité, tous les obstacles qu’il rencontrera seront d’ordre visuel : la foire évidemment, mais aussi la bourgeoisie londonienne qui jugera bon de venir le visiter pour pouvoir dire à la bonne société « j’ai vu la chose… » ou le garde qui organise des visites officieuses auprès du peuple afin que celui-ci puisse venir lui témoigner son hostilité. Autrement dit, à chaque fois où John est réduit à sa visibilité, son humanité menace de s’estomper.
Ce n’est pas un hasard si le premier témoignage de son intelligence – qui est une intelligence mnésique – se produira alors qu’il est seul, après la visite du médecin, où il se mettra à réciter le Psaume 24. Ce n’est que dans l’isolement, ce n’est qu’au moment où nul ne verra ce corps difforme (ni la foule, ni même le monde médical) que se révèlera toute la puissance de cet esprit enfermé dans cette prison corporelle qui le déshumanise. Quelque chose comme une dignité retrouvée ne sera possible qu’au moment même où l’être ne sera plus perçu dans sa visibilité. Splendeur du retrait, humanité de l’isolement. Il y a ici quelque chose comme une impossibilité de l’humanité dans le social ; « l’homme est un animal social » disait l’auteur de l’Ethique à Nicomaque ; ici, c’est le contraire. Dans le social, John n’est que monstre, à peine animal. Le social, parce qu’il instaure cette sphère du regard, et qu’il réduit l’être à sa visibilité, destitue de leur humanité ceux dont la visibilité effraye. La sphère du visible devient une gigantesque entreprise de déshumanisation, entreprise qui ne prend fin que par le retour en soi, aux antipodes de la visibilité sociale.
Très rapidement l’on s’aperçoit que John est un être intelligent, c’est-à-dire, pour paraphraser Descartes, un être qui pense, qui imagine, qui veut, qui sent. Allons même plus loin, John est très certainement doué d’une intelligence et d’une sensibilité très supérieures à la moyenne. Le clocher qu’il aperçoit au loin, de sa chambre d’hôpital, lui fournit l’occasion d’imaginer le prolongement de la cathédrale, imagination qui s’avère féconde et qui trouve à s’incarner en une remarquable maquette. Lecteur de la Bible, de Shakespeare, il manifeste une intelligence bouleversante des textes, accompagnée d’une sensibilité portée à l’insupportable lorsqu’il se rend au domicile de son médecin, et où il fait la rencontre de son épouse. Ce qui est pur chez John, c’est cette souffrance incommensurable qui, jamais, ne s’est muée en ressentiment. Loin d’en vouloir à la vie, loin de se retourner contre l’insolent bonheur de ses semblables, il se réjouit de leur réussite, de la beauté de leurs enfants, avec une sincérité que la critique a souvent qualifiée – avec condescendance – d’édifiante, alors qu’il n’y a là que la beauté d’une âme juste.
Il est vrai – et c’est peut-être le seul bémol de ce chef-d’œuvre – que certaines situations ou certains états psychologiques sont clairement expliqués alors qu’ils eussent gagné à n’être que suggérés ; de là certainement le reproche d’édification du film. Ainsi lorsqu’on comprend que John n’est pas une créature intellectuellement défaillante, le médecin chef convoque le médecin traitant John afin de lui demander s’il se rend compte à quel point cet homme a pu souffrir ; il s’agit de bien faire comprendre au spectateur que si John est intelligent alors il a conscience à chaque instant de la situation qu’il vit, afin de faire ressortir tout le tragique de la chose. Montré comme objet de foire, battu, méprisé, déshumanisé, John possède ce drame en plus que n’ont pas connu les esclaves ou les malheureux des camps de la mort, à savoir l’unicité ; John est celui qui n’a pas de semblables, John est celui qui ne rencontrera jamais son Même, son « frère humain » comme dirait Albert Cohen. Et, pis que tout, il en a parfaitement conscience.
On ne saurait imaginer ce que put être la vie de cet homme et probablement cela dépasserait-il l’imagination. Que peut se dire un homme, intelligent, exhibé comme un monstre, conscient de cet état ? Le médecin lui-même sera pris de remords après avoir autorisé la bonne société londonienne à venir le visiter, et viendra s’en excuser auprès de John. Au cours d’un entretien insoutenable, celui-ci lui assure que « chaque minute vécue, chaque minute de vie est pour [lui] un grand bonheur. » C’est peut-être cela qui excède définitivement notre pouvoir de compréhension ; cet acquiescement à la vie, ce gigantesque oui à une vie malgré tout vécue comme une grâce. Il est très difficile de commenter cette attitude car elle dépasse l’entendement, à tout le moins le mien. Mais c’est la raison pour laquelle, me semble-t-il, Elephant man est plus qu’un chef-d’œuvre encore ; tout y excède les catégories humaines : ne soyons pas hypocrite, la vue de John excède ce que l’on peut visuellement supporter ; son attitude envers la vie excède notre entendement, son courage excède notre sensibilité. En somme, ce qui est donné à voir dans Elephant man, c’est une part d’absolu, l’absolu étant ici pensé comme l’au-delà des catégories humaines de pensée. Elephant man n’est pas un cas-limite, il est au-delà de la limite, il est dans ce que l’on ne peut pas comprendre, dans ce que l’on ne peut pas ressentir. Il est une expérience inexpérimentable de l’absolu.
Il y aurait, formellement parlant, une multitude de choses à dire mais je n’en ai malheureusement pas les compétences. Ce qui me paraît clair, c’est la méthode parfaitement oxymorique dont Lych a usé, afin de parvenir à ses fins ; d’une part, le film est très classique, classique jusqu’à l’excès ; une histoire très nette centrée autour de deux personnages, tournée en noir et blanc, (Lynch pousse le vice jusqu’à faire sauter la bande lors des coupures pour faire croire à un vieux film…) et c’est dans ce cadre extrêmement classique et maintes fois traité – l’Angleterre victorienne – qu’il introduit ce sujet qui ne l’est pas ; le monstre. Mais la façon de traiter la monstruosité est tout sauf classique ; loin de chercher à effrayer à la manière d’un Jack l’éventreur, tout est fait pour oublier la monstruosité de John. C’est l’exact inverse de la démarche de Cronenberg qui fait systématiquement du monstrueux un gimmick d’épouvante ; ici le monstrueux rejoint progressivement l’humain, voire le rassurant, à travers des jeux d’oxymores surprenants ; lorsque John est revêtu de son smoking, ou lorsqu’il se rend au théâtre dans la très émouvante scène finale, il se joue là quelque chose comme une conciliation violente des contraires, plastiquement et symboliquement parlant, qui achève d’humaniser le visage de John et qui, du même geste, absolutise – involontairement ? – les codes sociaux. Lorsque John se fait applaudir au théâtre, il me semble que c’est possible qu’en raison, malgré tout, de son accoutrement et de son nouveau statut social.
Au fond – j’ignore si cela est voulu par Lynch ou pas – nous sommes bien forcés d’admettre qu’Elephant Man véhicule nombre de non-dits pas forcément dans l’air du temps. A commencer par la progressive découverte de l’humanité de John. Quel est le ressort, si je puis dire, dont use Lynch afin de nous faire sentir la tragédie que vit John ? C’est son intelligence ; il y a tragédie ou plutôt drame parce que John a conscience de ce qu’il vit et que cette magnifique intelligence est à jamais condamnée par cette prison corporelle. Mais aurait-on compati de la même manière si John avait été défaillant intellectuellement ? Si John avait été trisomique ou profondément débile ? J’irais même plus loin : aurait-on pris autant conscience de son humanité ? Tout se passe comme si l’intelligence et la sensibilité étaient l’étalon de l’anthropologie pour David Lynch. Et de fait, lorsque le médecin découvre que le gardien de John propose au « bas-peuple » de venir visiter le pauvre John, il lui dit clairement qu’il est moins humain que ne l’est John. Comme si la bêtise et la cruauté du gardien faisaient de celui-ci un être moins évolué que John, confirmant en creux l’idée qu’il y ait quelque chose comme des degrés d’humanité, hiérarchisés en fonction de critères tels que l’intelligence ou la sensibilité. Soyons beau-joueur, c’est là la définition de l’humanisme pour Pic de la Mirandole… L’humanisme n’est pas nécessairement l’égale dignité de tous les hommes après tout… Une autre interrogation – voire une objection – me vient à l’esprit ; la scène finale du théâtre marque la reconnaissance sociale de John. Mais cela n’invalide-t-il pas ma thèse du début quant au social comme lieu d’impossibilité de la reconnaissance humaine ? Je ne sais pas répondre à cette question car somme toute John est réhabilité par ceux-là mêmes qui le réduisaient à un objet de prestige social (j’ai vu la chose…) au début du film. Que vaut cette réhabilitation par une partie de ses bourreaux ? Je l’ignore. Pourquoi faut-il que John soit vêtu de ce smoking pour atteindre l’acmé de sa dignité ? Je risque une hypothèse : je crois que pour David Lynch l’élégance et la bonne tenue sont constitutives de l’humanité, malgré les dérives de la dictature des apparences et des conventions sociales ; le nécessaire à toilette que reçoit John – et qui l’émeut tant – est une étape de ce processus où il retrouve son humanité, précisément parce que l’apparence physique renvoie non pas à elle-même mais à quelque chose de plus haut, la distinction de l’âme.
Je suppose qu’un très grand nombre d’entre vous a déjà vu ce chef-d’œuvre et ce petit post ne vous apportera donc rien. Je nourris le frêle espoir que ces quelques lignes donneront envie à ceux qui ne l’ont pas vu d’envisager la possibilité de le visionner prochainement.
[b] sauf qu’en verité john merrick n’est pas defiguré a cause d’elephant qui auraient piétinné sa mère ( ou sa mère aurait etait totalement effrayé par un elephant qui s’evade comme on le lit parfois)
Mais cela est dù a une maladie extrêmement rare qu’il à contracté à l’age de 2 ans (sa transformation physique commença par la lèvre)
voila…. [/b]
Posté le 02.07.2008 par yeuxdechat
Beaucoup d’amis n’aiment pas David Lynch et je les comprends ; Lost Highway ou Mulholand Drive finissent par être désespérants à force d’hermétisme. Pourtant ces deux films me semble porteurs de quelque chose comme une trace de génie ou, à tout le moins, porteurs d’une beauté diffuse appelant à un absolu. Et quand bien même n’aurait-il pas réalisé ces deux monstres du cinéma américain, David Lynch serait, à mes yeux, un géant en raison de son sublimissime Elephant Man. Je le confesse, je n’avais jamais vu avant la semaine dernière ce film.
Il est des films qui choquent, qui marquent, qui font réfléchir ; celui-ci traumatise au sens le plus fort du mot. Souvent désigné avec mépris par la critique comme un « film de commande », Elephant man est pourtant une plongée au cœur de l’anthropologie la plus rigoureuse et offre au spectateur une réflexion magnifique sur la définition de l’humain.
L’histoire – vraie –, tout la monde la connaît ; une femme violentée par des éléphants alors qu’elle était enceinte accouche d’un homme difforme et hideux qui est exhibé dans les foires populaires de Londres jusqu’à ce qu’un médecin recueille le pauvre homme afin de l’examiner d’un point de vue médical. Très vite, l’étrange créature s’avèrera intellectuellement puissante et douée d’une sensibilité extrême, autant d’attributs qui feront de lui un humain des plus respectables.
Il m’est au fond très difficile de parler de ce film tant il m’a bouleversé ; je crois que Lynch cherche à montrer une sorte de devenir-humain, au sens où John n’acquiert son humanité que progressivement, à travers une série d’épreuves dont l’acmé sera la possibilité de mourir dans un lit, en position horizontale, comme n’importe quelle personne humaine.
La première condition de son retour à l’humanité sera l’arrachement à la visibilité ; pour devenir humain, John Merrick ne doit plus être ce monstre que l’on exhibe mais ce sujet d’étude que l’on isole. Certes son statut de sujet d’étude pour la science ne signifie pas encore sa pleine humanité mais il n’en demeure pas moins vrai que la principale épreuve que devra surmonter John sera celle de la visibilité, visibilité exacerbée dans la démonstration de foire. Dans ce progrès vers la reconnaissance de sa pleine humanité, tous les obstacles qu’il rencontrera seront d’ordre visuel : la foire évidemment, mais aussi la bourgeoisie londonienne qui jugera bon de venir le visiter pour pouvoir dire à la bonne société « j’ai vu la chose… » ou le garde qui organise des visites officieuses auprès du peuple afin que celui-ci puisse venir lui témoigner son hostilité. Autrement dit, à chaque fois où John est réduit à sa visibilité, son humanité menace de s’estomper.
Ce n’est pas un hasard si le premier témoignage de son intelligence – qui est une intelligence mnésique – se produira alors qu’il est seul, après la visite du médecin, où il se mettra à réciter le Psaume 24. Ce n’est que dans l’isolement, ce n’est qu’au moment où nul ne verra ce corps difforme (ni la foule, ni même le monde médical) que se révèlera toute la puissance de cet esprit enfermé dans cette prison corporelle qui le déshumanise. Quelque chose comme une dignité retrouvée ne sera possible qu’au moment même où l’être ne sera plus perçu dans sa visibilité. Splendeur du retrait, humanité de l’isolement. Il y a ici quelque chose comme une impossibilité de l’humanité dans le social ; « l’homme est un animal social » disait l’auteur de l’Ethique à Nicomaque ; ici, c’est le contraire. Dans le social, John n’est que monstre, à peine animal. Le social, parce qu’il instaure cette sphère du regard, et qu’il réduit l’être à sa visibilité, destitue de leur humanité ceux dont la visibilité effraye. La sphère du visible devient une gigantesque entreprise de déshumanisation, entreprise qui ne prend fin que par le retour en soi, aux antipodes de la visibilité sociale.
Très rapidement l’on s’aperçoit que John est un être intelligent, c’est-à-dire, pour paraphraser Descartes, un être qui pense, qui imagine, qui veut, qui sent. Allons même plus loin, John est très certainement doué d’une intelligence et d’une sensibilité très supérieures à la moyenne. Le clocher qu’il aperçoit au loin, de sa chambre d’hôpital, lui fournit l’occasion d’imaginer le prolongement de la cathédrale, imagination qui s’avère féconde et qui trouve à s’incarner en une remarquable maquette. Lecteur de la Bible, de Shakespeare, il manifeste une intelligence bouleversante des textes, accompagnée d’une sensibilité portée à l’insupportable lorsqu’il se rend au domicile de son médecin, et où il fait la rencontre de son épouse. Ce qui est pur chez John, c’est cette souffrance incommensurable qui, jamais, ne s’est muée en ressentiment. Loin d’en vouloir à la vie, loin de se retourner contre l’insolent bonheur de ses semblables, il se réjouit de leur réussite, de la beauté de leurs enfants, avec une sincérité que la critique a souvent qualifiée – avec condescendance – d’édifiante, alors qu’il n’y a là que la beauté d’une âme juste.
Il est vrai – et c’est peut-être le seul bémol de ce chef-d’œuvre – que certaines situations ou certains états psychologiques sont clairement expliqués alors qu’ils eussent gagné à n’être que suggérés ; de là certainement le reproche d’édification du film. Ainsi lorsqu’on comprend que John n’est pas une créature intellectuellement défaillante, le médecin chef convoque le médecin traitant John afin de lui demander s’il se rend compte à quel point cet homme a pu souffrir ; il s’agit de bien faire comprendre au spectateur que si John est intelligent alors il a conscience à chaque instant de la situation qu’il vit, afin de faire ressortir tout le tragique de la chose. Montré comme objet de foire, battu, méprisé, déshumanisé, John possède ce drame en plus que n’ont pas connu les esclaves ou les malheureux des camps de la mort, à savoir l’unicité ; John est celui qui n’a pas de semblables, John est celui qui ne rencontrera jamais son Même, son « frère humain » comme dirait Albert Cohen. Et, pis que tout, il en a parfaitement conscience.
On ne saurait imaginer ce que put être la vie de cet homme et probablement cela dépasserait-il l’imagination. Que peut se dire un homme, intelligent, exhibé comme un monstre, conscient de cet état ? Le médecin lui-même sera pris de remords après avoir autorisé la bonne société londonienne à venir le visiter, et viendra s’en excuser auprès de John. Au cours d’un entretien insoutenable, celui-ci lui assure que « chaque minute vécue, chaque minute de vie est pour [lui] un grand bonheur. » C’est peut-être cela qui excède définitivement notre pouvoir de compréhension ; cet acquiescement à la vie, ce gigantesque oui à une vie malgré tout vécue comme une grâce. Il est très difficile de commenter cette attitude car elle dépasse l’entendement, à tout le moins le mien. Mais c’est la raison pour laquelle, me semble-t-il, Elephant man est plus qu’un chef-d’œuvre encore ; tout y excède les catégories humaines : ne soyons pas hypocrite, la vue de John excède ce que l’on peut visuellement supporter ; son attitude envers la vie excède notre entendement, son courage excède notre sensibilité. En somme, ce qui est donné à voir dans Elephant man, c’est une part d’absolu, l’absolu étant ici pensé comme l’au-delà des catégories humaines de pensée. Elephant man n’est pas un cas-limite, il est au-delà de la limite, il est dans ce que l’on ne peut pas comprendre, dans ce que l’on ne peut pas ressentir. Il est une expérience inexpérimentable de l’absolu.
Il y aurait, formellement parlant, une multitude de choses à dire mais je n’en ai malheureusement pas les compétences. Ce qui me paraît clair, c’est la méthode parfaitement oxymorique dont Lych a usé, afin de parvenir à ses fins ; d’une part, le film est très classique, classique jusqu’à l’excès ; une histoire très nette centrée autour de deux personnages, tournée en noir et blanc, (Lynch pousse le vice jusqu’à faire sauter la bande lors des coupures pour faire croire à un vieux film…) et c’est dans ce cadre extrêmement classique et maintes fois traité – l’Angleterre victorienne – qu’il introduit ce sujet qui ne l’est pas ; le monstre. Mais la façon de traiter la monstruosité est tout sauf classique ; loin de chercher à effrayer à la manière d’un Jack l’éventreur, tout est fait pour oublier la monstruosité de John. C’est l’exact inverse de la démarche de Cronenberg qui fait systématiquement du monstrueux un gimmick d’épouvante ; ici le monstrueux rejoint progressivement l’humain, voire le rassurant, à travers des jeux d’oxymores surprenants ; lorsque John est revêtu de son smoking, ou lorsqu’il se rend au théâtre dans la très émouvante scène finale, il se joue là quelque chose comme une conciliation violente des contraires, plastiquement et symboliquement parlant, qui achève d’humaniser le visage de John et qui, du même geste, absolutise – involontairement ? – les codes sociaux. Lorsque John se fait applaudir au théâtre, il me semble que c’est possible qu’en raison, malgré tout, de son accoutrement et de son nouveau statut social.
Au fond – j’ignore si cela est voulu par Lynch ou pas – nous sommes bien forcés d’admettre qu’Elephant Man véhicule nombre de non-dits pas forcément dans l’air du temps. A commencer par la progressive découverte de l’humanité de John. Quel est le ressort, si je puis dire, dont use Lynch afin de nous faire sentir la tragédie que vit John ? C’est son intelligence ; il y a tragédie ou plutôt drame parce que John a conscience de ce qu’il vit et que cette magnifique intelligence est à jamais condamnée par cette prison corporelle. Mais aurait-on compati de la même manière si John avait été défaillant intellectuellement ? Si John avait été trisomique ou profondément débile ? J’irais même plus loin : aurait-on pris autant conscience de son humanité ? Tout se passe comme si l’intelligence et la sensibilité étaient l’étalon de l’anthropologie pour David Lynch. Et de fait, lorsque le médecin découvre que le gardien de John propose au « bas-peuple » de venir visiter le pauvre John, il lui dit clairement qu’il est moins humain que ne l’est John. Comme si la bêtise et la cruauté du gardien faisaient de celui-ci un être moins évolué que John, confirmant en creux l’idée qu’il y ait quelque chose comme des degrés d’humanité, hiérarchisés en fonction de critères tels que l’intelligence ou la sensibilité. Soyons beau-joueur, c’est là la définition de l’humanisme pour Pic de la Mirandole… L’humanisme n’est pas nécessairement l’égale dignité de tous les hommes après tout… Une autre interrogation – voire une objection – me vient à l’esprit ; la scène finale du théâtre marque la reconnaissance sociale de John. Mais cela n’invalide-t-il pas ma thèse du début quant au social comme lieu d’impossibilité de la reconnaissance humaine ? Je ne sais pas répondre à cette question car somme toute John est réhabilité par ceux-là mêmes qui le réduisaient à un objet de prestige social (j’ai vu la chose…) au début du film. Que vaut cette réhabilitation par une partie de ses bourreaux ? Je l’ignore. Pourquoi faut-il que John soit vêtu de ce smoking pour atteindre l’acmé de sa dignité ? Je risque une hypothèse : je crois que pour David Lynch l’élégance et la bonne tenue sont constitutives de l’humanité, malgré les dérives de la dictature des apparences et des conventions sociales ; le nécessaire à toilette que reçoit John – et qui l’émeut tant – est une étape de ce processus où il retrouve son humanité, précisément parce que l’apparence physique renvoie non pas à elle-même mais à quelque chose de plus haut, la distinction de l’âme.
Je suppose qu’un très grand nombre d’entre vous a déjà vu ce chef-d’œuvre et ce petit post ne vous apportera donc rien. Je nourris le frêle espoir que ces quelques lignes donneront envie à ceux qui ne l’ont pas vu d’envisager la possibilité de le visionner prochainement.
[b] sauf qu’en verité john merrick n’est pas defiguré a cause d’elephant qui auraient piétinné sa mère ( ou sa mère aurait etait totalement effrayé par un elephant qui s’evade comme on le lit parfois)
Mais cela est dù a une maladie extrêmement rare qu’il à contracté à l’age de 2 ans (sa transformation physique commença par la lèvre)
voila…. [/b]
Posté le 11.05.2008 par yeuxdechat
Les Incas
En 1511, les conquistadores espagnols sont à Panama. Toujours à la recherche de grandes quantités d'or, des rumeurs selon lesquelles existerait un pays aux richesses fabuleuses, troublent l'esprit des plus téméraires d'entre eux. Les indiens, excédés par la cupidité de ces hommes venus de la mer, tentent d’éloigner leurs bourreaux en leur révélant l'existence d'un " El Dorado " qui hante depuis bien longtemps les conquérants espagnols.
En 1524, un farouche capitaine s'en va explorer les rivages d'une contrée que les indiens nomment "Birú". Mais la forêt hostile et la gigantesque cordillère des Andes forment une barrière qui ne lui permettent pas d'explorer l'intérieur de ces terres nouvelles. Pourtant, en avril 1532, à force d'acharnement, le capitaine Francisco Pizarro à la tête d'une petite armée de 180 hommes met le pied à Tumbes, au nord de l'actuel Pérou.
Depuis tout ce temps, l'activité des espagnols avaient intrigué les indiens. Mais en proie à un conflit qui opposait les deux frères Atahualpa et Huascar pour la domination de l'empire Inca, ils ne se souciaient guère de cette poignée d'êtres étranges montant de drôles d'animaux et de leurs armes qui déclenchaient le tonnerre.
L’empire Inca
Atahualpa et Huascar, les deux fils de l’empereur Huayna Capac, s’affrontaient pour régner sur l’immense territoire que ce dernier avait laissé à sa mort. La domination des Fils du Soleil s’exerçait de la Colombie jusqu’au Chili. Mais le « Tahuantinsuyu », l’empire des quatre provinces, n’a atteint cette puissance qu’après de longues luttes qui l’opposait à d’autres civilisations déjà bien installées.
Les origines
Vers la fin du XIIIe siècle une petite tribu arrivait, avec bien des difficultés, dans le bassin de Cuzco, dans les Andes du Pérou. La légende raconte que ces indiens « Quechuas » étaient à la recherche de l’endroit idéal pour s’établir. Ils étaient dirigés par Manco Capac et Mama Ocllo sa soeur-épouse. Ils ne devaient fonder leur cité qu’à l’endroit où le bâton d’or de Manco Capac s’enfoncerait. Et c’est ce qu’il arriva. Ils fondèrent la ville de Cuzco, « le nombril » en langue Quechua, et réunirent sous leur autorité les populations qui vivaient dans la barbarie, pour les faire accéder à la civilisation. Manco Capac leur enseigna l’agriculture et l’artisanat et Mama Ocllo inculqua aux femmes l’art du tissage.
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Posté le 05.03.2008 par yeuxdechat
En 1965, Owen Finlay Maclaren MBE inventait la toute première poussette canne.Notant les difficultés causées par le landau du bébé de sa fille qui se préparait à partir à l’étranger, M. Maclaren se décida à intervenir. Puisant dans ses connaissances d’ingégnieur aéronautique, il mit au point sa 1ère poussette canne à pliage type parapluie.
Notant les difficultés causées par le landau du bébé de sa fille qui se préparait à partir à l’étranger, M. Maclaren se décida à intervenir. Puisant dans ses connaissances d’ingégnieur aéronautique, il mit au point sa 1ère poussette canne à pliage type parapluie.Inspiré par ses recherches sur les mécanismes d’articulation du train d’atterrissage de l’avion de chasse Spitfire, il créa une poussette canne compacte et légère.
Avec l’aide pratique qu’elle offrait aux familles en voyage et dans la vie quotidienne, la poussette Maclaren révolutionna l’industrie de fabrication des poussettes et des landaus.
Trente-huit années se sont écoulées depuis le lancement de la première poussette Maclaren. Owen nous a quittés, mais son esprit d’invention et sa volonté de perfectionnement se perpétuent dans nos produits. Avec son équipe de recherche et développement installée dans le bâtiment même où M. Maclaren construisait ses poussettes, la branche conception de Maclaren continue de créer des produits innovateurs qui offrent des solutions pratiques et inédites aux parents affairés.
Posté le 03.03.2008 par yeuxdechat
Posté le 26.02.2008 par yeuxdechat
Maruf Karimov, un nom qui ne vous sera sûrement plus inconnu d’ici les mois ou années à venir. Un jeune talent qui ne demande qu’à être reconnu ?
Ce jeune homme de 15 ans est étudiant à l’école académique de Samarcande, en Ouzbékistan (voir la carte pour ceux qui ignorent ou se trouve ce pays…) Maruf a remporté le concours national des jeunes inventeurs grâce à cette idée : transformer un moteur à explosion en moteur fonctionnant grâce à de l’air comprimé. C’est quelque chose d’incroyable, avec un réel potentiel au vu des enjeux écologiques actuels.
Bon, ok, l’idée en soi, n’est pas si innovante que ça, vu que l’ancien ingénieur de formule 1, Guy Nègre (un français), avait déjà présenté une version de moteur fonctionnant également à l’air comprimé. Mais pourquoi n’en a-t-on pas parlé plus que ça ?
En effet, l’air est LE carburant écologique à proprement parlé, il est partout et quasiment inépuisable. Seulement pour l’invention de Guy Nègre, il fallait recharger le réservoir d’air comprimé, et pour cela, il fallait brancher un appareil pendant plusieurs heures sur du courant… Bref, cela coûte quand même 1,50 euros le plein, pour une autonomie de 150 km.
Malheureusement, aucun industriel français n’y a apporté d’intérêt. Et oui, comment faire payer l’air ? Combien coûte l’air?… Monsieur Nègre s’en est donc allé signer des contrats avec Mexico City et le constructeur automobile le plus grand du monde : Tata.
L’énorme innovation de ce moteur, vient surtout du fait que le moteur a un réservoir qui se recharge tout seul, grâce à l’air ambiant, en même temps que la voiture avance. En gros, pas besoin de remettre du combustible comme actuellement, pas besoin de produire de matière première, l’air est partout, il suffit de le comprimer ! Mais, c’est le principe du mouvement perpétuel !!! Champagne !!!
Néanmoins, la première version de ce moteur permet de ne rouler que quelques centaines de mètres à une très faible vitesse, et ne peut porter le qualificatif de “perpétuel” que par principe. En effet, toutes les lois de la physique ne devant sûrement pas être connues par ce jeune prodige, une fois le moteur amélioré à l’aide de scientifiques et d’ingénieurs spécialisés, il se peut qu’on obtienne quelque chose à ne pas sous-estimer. D’ailleurs, le projet continue avec des ingénieurs allemands du groupe Volkswagen AG.
Le jeune inventeur a déclaré “C’est une idée que j’avais en tête depuis longtemps. Mais j’attendais l’occasion de la mettre en pratique. Je suis très fier de ma réussite et j’espère ainsi pouvoir contribuer au développement de mon pays”.
Affaire à suivre… Nous approchons-nous petit à petit du mouvement perpétuel ?
Posté le 26.02.2008 par yeuxdechat
Albert Einstein (docteur) (1879-1955)
Einstein nait à Ulm (Allemagne) en 1879, mais grandit à Munich. Après l'obtention de son diplôme d'un institut technique de Zurich (Suisse), il ne parvient pas à trouver un emploi d'enseignant, et accepte un poste d'examinateur au bureau des brevets Suisse. Il y travaille de 1902 à 1909, consacrant son temps libre à ses propres intérêts scientifiques.
En 1905, il reçoit son doctorat en physique de l'université de Zurich, et publie 3 articles scientifiques, qui chacun auront un impact profond dans le domaine de la physique :
* le 1er article explique le phénomène déjà observé de l'effet photoélectrique — par lequel les rayons de lumière amènent les métaux à libérer des électrons qui peuvent être convertis en courant électrique — en suggérant l'idée d'une lumière faite d'un certain nombre de paquets, ou quantas, de particules énergétiques. Pour ce travail, Einstein reçoit en 1921 le Prix Nobel de Physique.
* Le 2ème article, sur l'électromagnétisme des corps en mouvements, met en avant la théorie spéciale d'Einstein de la relativité et contient la fameuse équation E=mc2. Cette équation, qui montre que l'énergie et la matière sont interchangeables, fournit la clé du développement de l'énergie atomique.
* le 3ème article démontre virtuellement la réalité des atomes en montrant que le Mouvement Brownien — le mouvement irrégulier de particules suspendues dans un liquide ou un gaz — est la conséquence du mouvement moléculaire.
Ces articles lui apportent des postes de professeur à Bern, Zurich, et Prague.
En 1914, Einstein est nommé directeur de l'Institut de Physique Kaiser Wilhelm à Berlin; 2 ans plus tard, en 1916, il publie un article mémorable sur les champs gravitationnels, "Fondation de la Théorie Générale de la Relativité". En 1921, on lui décerne le Prix Nobel de Physique pour sa loi photoélectrique de 1905 et son travail dans le domaine de la physique théorique mais ses théories sur la relativité ne sont pas mentionnées. Cette année-là il visite Washington et parle à la conférence annuelle de la NAS, dont il est élu membre l'année suivante, en tant qu'Associé Etranger. Lorsque Hitler et les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne en 1933, Einstein émigre aux USA, où il rejoint l'IAS.
Le 2 Août 1939, il écrit à Roosevelt pour l'alerter de la possibilité d'une bombe atomique. En 1940, il est naturalisé citoyen américain et devient professeur à Princeton (New Jersey). En 1942, il est élu pleinement membre de la NAS et affilié à la Section de Physique de l'Académie.
Einstein sera un proche de Samuel Goudsmit, membre de l'encadrement de la section de physique du BNL à Long Island.
Lorsqu'on demandera à Einstein son avis sur les signalement d'ovnis, celui-ci répondra : Je suis sûr qu'ils ont vu quelque chose [Kuiper 1967].
En 1955, après une rupture d'anévrisme aortique près du coeur, dans un hôpital de Princeton (New Jersey), Einstein refuse une opération : Je veux partir quand je veux partir. Il est sans gout de prolonger la vie artificiellement. J'ai fait ma part ; c'est le temps de partir. Je le ferai élégamment. Le 18 avril, il meurt dans son sommeil. Sa famille demande une autopsie à un ami médecin qui, trop éprouvé par la mort de son ami, demande au Dr. Thomas Stoltz Harvey, un de ses collègues, d'y procéder. A sa demande, ce dernier sauvegarde le cerveau d'Einstein pour le donner à la science, et son corps est incinéré le jour même de sa mort, à 16 h. Ses cendres sont dispersées en un lieu resté secret.
Posté le 06.12.2007 par yeuxdechat
L'histoire de Saint Nicolas
Qui est SAINT NICOLAS ? Saint Nicolas, saint patron et protecteur des petits enfants
Le personnage de Saint Nicolas est inspiré de Nicolas de Myre appelé également Nicolas de Bari.
Il est né à Patara, une cité de Lycie, au sud-ouest de l'Asie Mineure (région appelée maintenant Turquie d'Asie) entre 250 et 270 après J-C.
Il est mort le 6 décembre, en 345 ou en 352 dans la ville portuaire de Myre en Asie Mineure.
C'est l'un des saints les plus populaires en Grêce et dans l'Eglise Latine.
On sait qu'il fût Evêque de Myre au 4ème siècle.
Sa vie et ses actes sont entourés de légendes. On dit que le jour de sa naissance il se tint debout dans le bain. Devenu grand, il évitait les divertissements et préférait fréquenter les églises.
Saint Nicolas fît un pélerinage en Egypte et en Palestine. A son retour, son oncle, l'évêque de Myre, mourut. Une petite voix recommanda aux évêques assemblés pour désigner son successeur, d'élire celui qui entrerait le premier à l'église et se nommerait Nicolas.
Au départ, il avait beaucoup souffert à cause de sa conviction chrétienne, car l'empereur régnant, Dioclétien, poursuivait cruellement les chrétiens.
Il fut arrêté et enprisonné, puis fut contraint à vivre un certain temps en exil.
En 313, l'empereur Constantin allait établir la liberté religieuse. Il aurait été présent lors du concile de Nicée. Mais il y a des raisons de douter de sa présence lors du concile de Nicée, puisque son nom n'est pas mentionné dans l'ancienne liste des évêques ayant participé.
Avant sa mort, saint Nicolas s'était rendu auprès du Saint-Père à Rome, et, sur le chemin de retour, il s'était séjourné dans la ville de Bari en Italie méridionale.
Saint Nicolas serait décédé un 6 décembre 343, victime de persécutions sous l'Empire Romain.
Pour cette raison, on célèbre la Saint-Nicolas le 6 décembre.
Il fut enterré à Myre.
En 1087, des marchands italiens volèrent ses ossements à Myre et les emportèrent à Bari.
Les légendes traditionnelles de Saint Nicolas furent pour la première fois recueillies et écrites en Grêce par Metaphrastes au 10ème siècle.
Après sa mort, Saint Nicolas a alimenté une multitude de légendes qui reflètent sa personnalité généreuse.
Chaque épisode de sa vie a donné lieu à lieu à un patronage ou une confrérie d'un métier ou d'une région.
C'est l'un des saints le plus souvent représenté dans l'iconographie religieuse : sur les vitraux des églises, dans les tableaux, en statue, sur les taques de cheminée, les images d'Epinal, etc... Ses légendes offraient aux imagiers une riche matière.
Saint Nicolas est fêté tous les 6 décembre, dans l'est (Lorraine et Alsace), le nord de la France, la Belgique, l'Allemagne, la Hollande, l'Autriche, les Pays Bas.
Saint Nicolas fait le tour des villes, visite les écoles maternelles, distribue des friandises aux enfants (du pain d'épices et des oranges) et se voit remettre les clés de la ville par le maire. Chars, défilés prestigieux, feux d'artifices... Saint Nicolas est une fête importante dans la vie culturelle de ses régions.
Saint Nicolas, dans son costume d'évêque fait équipe avec un personnage sinistre, le père Fouettard. Celui-ci, tout vêtu de noir n'a pas le beau rôle puisqu'il est chargé de distribuer les coups de trique aux garnements.
La Saint Nicolas est aussi l'occasion de recevoir des cadeaux trois semaines avant que le Père Noël ne passe dans les cheminées.
Il existe une multitude de personnages, qui entretiennent une relation plus ou moins évidente au christianisme, chargés de la distribution des cadeaux de Noël. En Italie les enfants reçoivent parfois les cadeaux de la " Befana " dont le nom provient vraisemblablement du mot " épiphanie ".
En Allemagne et dans l'est de la France surtout en Lorraine et en Alsace, c'est Saint Nicolas, patron des enfants, qui apporte les présents. Dans ces régions la date du 6 décembre, fête de la Saint Nicolas, revêt autant d'importance, si ce n'est pas plus que Noël, le 25 décembre.
La légende de Saint Nicolas
Depuis le XIIe siècle, on raconte que Saint Nicolas, déguisé, va de maison en maison dans la nuit du 5 au 6 décembre pour demander aux enfants s'ils ont été obéissants. Les enfants sages reçoivent des cadeaux, des friandises et les méchants reçoivent une trique donnée par le compagnon de Saint Nicolas, le Père Fouettard.
Au fil des siècles la légende disparut peu à peu à l'exception d'un épisode conté par Saint Bonaventure au XIIIe siècle. Celle des enfants enlevés, tués, mis au saloir et sauvés par Saint Nicolas qui leur rendit la vie.
C'est la légende la plus marquante sur Saint Nicolas. Elle donna également naissance à une chanson.
Le décor ainsi que certains détails évoluèrent et l'épisode s'adapta progressivement à la région, pour entrer définitivement dans les mémoires lorraines.
Ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs... La Légende de Saint Nicolas veut que le saint ait ressuscité trois petits enfants qui étaient venus demander l'hospitalité à un boucher. Celui-ci les accueillit et profita de leur sommeil pour les découper en morceaux et les mettre au saloir.
Sept ans plus tard, Saint Nicolas passant par là demande au boucher de lui servir ce petit salé vieux de sept ans.
Terrorisé le boucher prit la fuite et Saint Nicolas fit revenir les enfants à la vie.
La vie et les actes de Saint Nicolas sont entourés de légendes.
Selon l'une d'elles, Saint Nicolas est né au sein d'une famille de riches chrétiens pieux. Après la mort de ses parents, il a tout donné aux pauvres.
Sa générosité est devenue tout particulièrement répandue : un certain père, noble apprauvri, et ses trois filles vivaient autrefois à Patara, et puisque le père s'est endetté, il était sur le point de les vendre comme esclaves afin d'améliorer la situation familiale - dans l'Antiquité, il n'était pas rare que la dot d'une jeune fille serve à subvenir aux besoins de ses parents et de la famille.
Lorsque saint Nicolas l'a appris, il allait, pendant trois nuits consécutives, lui jeter par la fenêtre de la chambre à coucher de l'argent, avec lequel le père avait eu, non seulement de quoi rembourser ses dettes, mais aussi de quoi pourvoir ses trois filles de dots. Le fardeau de la pauvreté ne les menaçant plus, chacune des jeunes filles put alors choisir son destin.
Nicolas de Myre est considéré saint parce qu'il a su voir l'asservissement qui menaçait les trois jeunes filles. Il leur fit don de pièces d'or qui servirent de dot et leur permirent de retrouver la liberté.
Certaines versions de cette histoire racontent que saint Nicolas aurait jeté les pièces d'or par la cheminée. D'autres rapportent qu'il les aurait laissées sur le pas de la porte.
Saint Nicolas a la réputation d'accomplir de nombreux autres miracles.
A chaque région son Père Fouettard !
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Le Père Fouettard accompagne Saint-Nicolas dans tous ses voyages ; il porte différents noms selon les régions qu’il visitent.
Le Père Fouettard, tout de noir vêtu, – même son visage est couleur charbon – porte un grand manteau, de grosses bottes ; il est coiffé d’un capuchon ou d'une cagoule d'où dépasse parfois une paire de cornes . Quelquefois, comme le diable, il est affublé d‘une queue .
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Le Père Fouettard porte un nom différent selon la région ou le pays que parcourt Saint Nicolas.
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En Bavière et en Autriche, il s’appelle Krampus ( ce qui signifie crochet). Dans d’autres régions d’Allemagne, on le surnomme Ruprecht ou Knechtruprecht ; il est chargé de corriger les enfants désobéissants. En Rhénanie, en Silésie et dans quelques autres endroits, il se déguise en animal ( le plus souvent en bouc) et se prénomme Pelzbock, Rasselbock, Pelznickel, Pelzruppert ou encore Bartel. (Pelz veut dire fourrure) .
En Hollande où la fête de Saint Nicolas est très importante, l'évêque de Myre est accompagné d'un ou deux personnages appelés Zwart Piet ( Pierre le Noir ). Ils sont chargés de ramasser les enfants méchants et de les jeter dans la Mer Noire ou de les emmener en Espagne. En effet d'après la tradition ces personnages noirs seraient des Maures laissés lors de l’occupation espagnole .
Au Luxembourg, St-Nicolas se nomme Kleeschen. Le père fouettard, dénommé Housecker, a dans son sac des "rudden", petites baguettes de bois souple, style saule pleureur, pour donner des fessées aux enfants. Or avec l'évolution de l'éducation, jamais plus un Housecker ne donne de réprimandes. Il distribue juste une baguette souple aux personnes non méritantes de manière très symbolique. En général ce sont les instituteurs(trices) et les élus locaux qui en recoivent et cela fait rire tout le monde lors de la distribution des sachets de St-Nicolas dans les écoles.
Mais la terreur des enfants dans le centre de l’Allemagne, dans quelques endroits de Bavière et même en Franche Comté, se présente parfois sous les traits d’une vieille femme mi – fée, mi – sorcière. Elle porte le nom de Frau Holle ou Klausenweiblein ….
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Quelle est l’origine du Père Fouettard ?
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Pour les hollandais, ce seraient des Maures laissés par les Espagnols. Pour d’autres, ce serait une invention des pédagogues du XVIIIème siècle pour punir les polissons et les paresseux. Pour d’autres encore il serait le boucher de la légende de Saint Nicolas. Pour le punir d'avoir tué les enfants l’évêque l’aurait obligé à le suivre partout ; il serait habillé en noir et il devrait réprimander les enfants non sages, non obéissants et non travailleurs .